12 April 2013

UNE 1ÈRE CHRONIQUE POUR “SUPERNOVA”

Posted by Redrocks

0 Comments

Merci à METAL-IMPACT pour cette 1ère chronique détaillée de l’album !

Chronique de “Cyco Nico” – METAL IMPACT (10/04/2013) :

“On les avait découverts l’an dernier avec un premier EP extrêmement prometteur mais souffrant quelque peu d’une qualité de composition fluctuante et d’une trop grande proximité avec leur modèle revendiqué, PORCUPINE TREE. Les lyonnais de REDROCKS sont-ils parvenus à corriger ces petits défauts de jeunesse avec ce premier album ?
Une première écoute suffit à confirmer l’émancipation du quatuor : si l’ombre de Steven Wilson plane toujours sur sa musique, elle s’est suffisamment estompée pour mettre en lumière toutes les facettes du prisme musical qu’est REDROCKS. Essayez d’imaginer un MUSE débarrassé de sa théâtralité pompeuse mais piochant toujours allègrement dans le répertoire rock des années 70 (GENESIS et PINK FLOYD plutôt que QUEEN, l’univers de REDROCKS étant résolument moins glamour que celui de Bellamy and co.). A l’image d’une supernova balançant toute sa matière incandescente aux quatre coins de l’univers, cet album part dans toutes les directions avec pour inévitable corollaire une certaine dispersion. Les trois premiers morceaux par exemple semblent avoir été écrits par trois groupes différents tant ils n’ont rien en commun. De ce fait, Supernova s’avère beaucoup plus difficile à appréhender que son prédécesseur et lui coller une étiquette relève de la gageure. Tant mieux pour la diversité et l’originalité, mais attention à ne pas trop désorienter un public qu’il faudrait d’abord séduire.
Le groupe n’a donc pas choisi la solution de facilité qui consistait à capitaliser sur un sens inné de la mélodie et une sensibilité à fleur de peau plutôt que sur un versant rock plus agressif mais pas toujours bien maîtrisé. On peut même dire que Supernova se révèle globalement plus rugueux que Cosmic Dream, impression confirmée par une production toujours aussi léchée mais moins lisse que par le passé. Egalement propriétaire du studio dans lequel a été enregistré l’album, le batteur-producteur-compositeur Jean Prat semble avoir voulu s’éloigner un peu du son PORCUPINE TREE, ce qui se ressent notamment dans son jeu de batterie plus vraiment superposable à celui de Gavin Harrison. Il se dégage de ces 9 nouvelles compos une douleur sourde qui tranche singulièrement avec l’onirisme des précédentes, comme en témoigne la présence en bonus de la magnifique ballade « Cosmic dream » tirée de l’EP du même nom et qui semble en net décalage avec le reste. Peut-être aurait-il été plus judicieux pour ne pas nuire à la cohésion de l’album, de l’inclure plutôt sous forme de vidéo, le clip qui l’accompagne étant une belle réussite.
Rugueux et sombre, Supernova l’est dès les premières notes du morceau éponyme qui ouvre l’album sur un crescendo tendu aux arrangements très soignés mais somme toute assez convenu dans sa construction et miné par un chant qui dérape sérieusement dans les aigus : une fois de plus, REDROCKS s’obstine à commencer par sa compo la moins brillante ! Volontiers zappeur et impatient, le grand public risque de ne pas lui pardonner cette maladresse… Qu’importe, cet album exigeant ne lui est pas destiné ! Ce n’est pas tant que les compos soient absconses ou décousues, on est très loin de la musique expérimentale et si l’on touche au rock progressif, c’est plus par l’esthétique sonore que par la structure des morceaux. Mais à l’inverse du premier EP la plupart des titres privilégient la tension et une relative âpreté à l’évidence de mélodies imparables dont le groupe est capable. Tout comme les femmes avec lesquelles on fait le plus long chemin ne sont pas celles qui se déshabillent le premier soir, cet album nécessite plusieurs écoutes obstinées pour dévoiler tous ses charmes mais n’en sera que plus passionnant une fois apprivoisé. Ecoutez par exemple « Maniac » : le morceau commence comme une ballade un peu terne mais se développe à mesure que de nouvelles pièces s’emboitent sur la structure de base et touche au merveilleux une fois ce puzzle complété par la guitare électrique. Dans le même ordre d’idée une écoute distraite de « Better be blind » pourrait faire croire à une tentative pas forcément adroite de sonner Hardcore mais dérive rapidement vers un riff monstrueux d’efficacité appuyé par une section rythmique au groove implacable, rappelant les meilleures incursions Metal de PORCUPINE TREE. Mais la plus belle réussite de cet opus est sans doute « call in the air », un morceau totalement inclassable et exsudant une folie douce qui finira par s’insinuer en vous. Certains lui préfèreront peut-être « Complaint » et son piano chargé d’émotion que n’aurait pas renié le grand Trent Reznor ; un titre sur lequel REDROCKS retrouve cette capacité à pondre une mélodie apte à mettre tout le monde d’accord dès la première écoute.

Avec Supernova, REDROCKS nous prouve qu’il n’est pas qu’un simple clone de PORCUPINE TREE mais peut tout faire, tout devenir. Face à un album d’une telle diversité, ayant pour seul fil conducteur une exigence musicale de chaque instant, bien malin est celui qui pourra prédire quel visage revêtira ce talentueux quatuor à son prochain opus. Une seule chose est sûre, il sera très différent. En effet, au moment où j’écris ces lignes, le groupe est à la recherche d’un nouveau chanteur. Avis à la population, les bonnes places ne restent jamais libres longtemps…”

Leave a Reply